La plante verte prend la route

Au Bijou à Toulouse, il y a eu des témoins :

" Le théâtre aussi s’invite de temps à autre au Bijou. Cette fois ce fut avec un conte écrit et interprété par Gaëlle Levallois de la Cie Modula Medulla : Le cri de la plante verte. D’emblée tout est fait pour que nous puissions nous amuser beaucoup de cette conteuse. Elle vient difficilement à bout de son histoire, se prend les pieds dans le tapis des mots dont elle veut à tout prix éviter les répétitions, incarne des personnages à l’accent aveyronnais (irrésistible !), des vieilles femmes aux allures de sorcières, des animaux – une vache en mal de rôle de princesse, un crocodile libidineux. Au fil du récit, elle invente une dramaturgie désopilante (et savante !). Mais très vite on comprend que le rire pourrait bien une fois encore masquer – à peine ! – des épreuves, des douleurs… Laissons au spectateur sa libre interprétation du " cri de la plante verte". " 

Publié par | 26 juin 2020 | , | Chanter c'est lancer des balles 

http://chantercestlancerdesballes.fr/juin-au-bijou-apres-laventure-des-poissons-pilotes/

 

 Puis, avec bonheur, dans le jardin d'Hélène des Z'omnis et à St-Antonin de Lacalme, accueillies par  la cie Sputnik, nous avons testé une version en extérieur, au prix de quelques sueurs froides de Serena Andreasi. Car nous avons essayé le micro HF, c'est pour ça. 

 

Et maintenant ! Voici une plante verte ! Qui ! part ! à la conquète ! de ! la Bretagne !

Dans une tournée folle et accompagnée cette fois-ci de Valérie Moreau, nous allons parcourir cette belle région (sous couvert de sans covid évidemment. c'est bien on est dans le" ici et maintenant" maintenant, enfin de nos jours. On est obligé de ne pas trop se projeter, c'est mieux pour le lâcher prise du bien-être de l'existence, non ? Ou alors j'ai rien compris.).

Bref, voici les faits :

  •  Jeudi 17 sept 2020 à 20h,  Les ateliers du vents à Rennes (35)
  •  Vendredi 18 sept 2020, l'Audomarois à Blain (44)
  •  Mercredi 23 sept 2020, L'eprouvette Bar à St-André des Eaux (22)
  •  Vendredi 25 sept 2020 à 21h, Café Babazula à Rennes (35)
  •  Samedi 26 sept 2020, Le café des possibles à Guipel (35)
  •  Dimanche 27 sept 2020, La motte aux cochons à St-Hilaire de Chaléons (44)

Et, si ça se trouve, il y aura d'autres dates entre le 18 et le 23, qui seront confirmées ou infirmées (eh ouais) début septembre ! Tout ça grâce au travail acharné de Charline Alexandre, que je salue au passage.


Allez c'est parti !


Quel bonheur ce grand rond !

Voilà c'est fait ! 5 représentations, plein de spectateurs (ouaaiiiiis !), défilé d'amis (ouiiiiii !), des retours très positifs (ouaich !) et aussi des entrevues d'avenir encore plus radieux.

Cerise sur le gâteau, un article élogieux sur le clou dans la planche !


Le cri de la plante verte// Théâtre du Grand Rond




SORTIR DU POT (VOUS AVEZ COMPRIS ?)


publié le 29/02/2020
(Théâtre du Grand Rond)





« Incarner un personnage, c’est comme enfiler une moufle,
l’important c’est de ne pas se tromper de sens. »
Michel Panzanini dans Le cri de la plante verte

Clowneries, herbes folles et fête foraine : ajoutez quelques personnages inquiétants, voici Le cri de la plante verte, la nouvelle création de la compagnie Modula Medulla. Coproduit par le Théâtre du Grand Rond, le spectacle a provoqué (en ce soir de première) l’hilarité de la salle, allant jusqu’aux pleurs de rire. Gaëlle Levallois se glisse à merveille dans la peau d’une conteuse malhabile. Théâtreuse illuminée aux emportements enfantins et aux élans déjantés, elle voudrait raconter l’histoire de ce « petit garçon » qui parvient à s’aventurer hors de chez lui. Et elle raconte, avec une folie généreuse et sans complexes. Un « seule en scène » pas piqué des vers.

Épopée botanique

Elle entre par la porte réservée au public, robe noire et collants verts, coiffée d’un turban blanc. Elle semble habitée, les yeux écarquillés – le mystère comique qui l’entoure rappelle le fameux sketch de Francis Blanche et Pierre Dac, Le Sâr Rabindranath Duval. « Une histoire peut en cacher une autre », commence-t-elle. Cette histoire, c’est celle d’un petit garçon (appelé Stanislas, puis Jean), qui vit seul dans sa maison, souffrant de son enfermement et de sa solitude. Pour la raconter, trois bandes de pelouse artificielle disposées au sol, encadrant une table sur laquelle reposent deux tourne-disques. Dès la mise en place de la situation initiale, la conteuse, maniaque, s’interdit d’utiliser deux fois le même mot. La contrainte donnera lieu, tout au long du spectacle, à des acrobaties verbales. La forêt devient un « rassemblement d’arbres », un « groupement de végétaux » ou encore « le royaume des arbres des arbrisseaux et des buissons ». Cherchant ses mots, la narratrice trébuche et trouve, s’émerveillant parfois des tournures dénichées ou s’amusant de ses propres jeux de mots. « Jean fuit. Vous avez compris ? », demande-t-elle aux spectateur·rices, envoyant valser le quatrième mur. Lorsqu’elle s’apprête à prendre les traits de son personnage principal, elle prévient son public : « pour la première fois du spectacle, je vais interpréter un personnage avec mon corps à la manière de la comedia ». Elle précise que ses stages de théâtre avec un certain Michel Panzanini l’ont aidée à créer ce spectacle. Grâce à un élément déclencheur absurde – « un jour, il se rendit compte que la porte était ouverte » – Jean parvient à sortir de chez lui, pour rencontrer d’autres enfants. Dehors, il connaîtra la forêt, une petite fille qui répète « je sais pas », une voix menaçante, une vache insatisfaite, un « crocodile crânement et crûment critiqué pour sa cruauté », et une fête foraine – mais personne n’a le droit de monter dans les manèges. Au fur et à mesure du récit, l’épopée du petit Jean se déroule, à grand renfort de trouvailles plastiques : forêt de gants verts, nain sous une cloche tournant sur la platine, ruisseau de plastique bleu, lac dans un saladier. La conteuse interprète tour à tour tous les personnages, se perdant parfois dans sa propre frénésie – elle finira par ôter sa robe lorsqu’elle incarne la vache qui voudrait « renverser le monde ». Pour échapper à cet univers inquiétant, Jean aura une idée fantastique : se déguiser en plante verte. Le spectacle bascule alors : la narratrice se demande si son histoire n’est pas trop compliquée, et révèle au public le véritable propos de son récit. Le repli sur soi, comme annoncé sur la plaquette de présentation.

Rire et verdir

Avec ce Cri de la plante verte, Gaëlle Levallois livre un solo délirant et désopilant. La conteuse qu’elle incarne voudrait parler de la timidité, du statut de victime : qu’est-ce que cela fait d’être persécuté par les autres, et de ne pas se sentir en sécurité ? Pourquoi le petit Jean décide-t-il de devenir invisible en se camouflant en plante verte ? Les questionnements affleurent, en effet, mais restent en retrait face au potentiel comique du spectacle et à son aspect clownesque. Alors, le doute s’installe : l’objectif est-il réellement de parler de repli sur soi, ou est-ce encore l’une de ses facéties ? Qui est cette conteuse toquée qui prend toute la place ? Sa propre timidité apparente, qu’elle tente d’affronter en se confrontant au public, apporte un relief vertigineux à la forme choisie et vient nourrir le lien avec la salle. Avec une grande précision corporelle et une gestuelle évoquant celle du cinéma muet Chaplinesque ou celui des Marx Brothers pour l’absurdité, la comédienne va toujours plus loin dans la bizarrerie.
Au-delà du clownesque, se dessine également un aspect horrifique – presque « trash » – lorsqu’elle incarne une femme à perruques. Armée d’une lampe torche (seule lumière présente à ce moment-là), elle répète « tu peux pas y aller dans les manèges », en sillonnant l’allée centrale du public, interpellant directement certain·es spectateur·rices. Obsessionnel, ce personnage rappelle l’écrivain torturé de Shining tapant frénétiquement à la machine : « All work and no play makes Jack a dull boy ». Aucun doute, l’univers du film d’horreur est présent et assumé, et vient apporter à la palette comique une touche de rire nerveux. La scénographie, quant à elle, foutraque et ingénieuse, soutient l’aspect cocasse. Comme les jeux de langage, ce décor à surprises fait rayonner le désir de la conteuse : celui de raconter une histoire, coûte que coûte, de braver ses propres interdits. Une grande et belle performance qui provoque de ces rires restant en bouche et en mémoire.

Lucie Dumas

AAAAAAAaaaaaaah ! Le cri de la plante verte au théâtre du Grand Rond à Toulouse du 25 au 29 février 21h hiiiiiiiiiiiiiiiiiIIIIIIIIIII !!!!!!!!

 Voilà venu le moment de crier gutturalement au grand jour et au Grand Rond (oui j'écris maintenant, je créée dorénavant avec des mots que j'assemble comme bon me semble, assonances et allitérations ne font pas peur, je ne crains que les répétitions). Un cri qui durera 5 jours et 5 nuits, en ce qui me concerne.
 Après 2 ans d'errance, de travail, de recherche, de tests et tout de même de franche rigolade, c'est le moment de faire semblant de montrer quelque chose de complètement abouti. Même si....hey c'est quand même clownesque les gars, et ça, ça prend du temps sur les routes pour éclore tout-à-fait.

Ceci dit ce spectacle est génial et va sans doute changer le cours de votre vie. Donc il vaut mieux réserver.
ici : 05 61 62 14 85
ou sur le site www.grand-org.org

Alors donc :
LE CRI DE LA PLANTE VERTE

AU THEATRE DU GRAND ROND
23 rue des potiers 31000 Toulouse
DU 25 au 29 février 2020 à 21h